Genre et confinement

Publié le par Caroline

Bonjour à toutes et tous, 

Tout d'abord, je n'ai pas écrit depuis très longtemps...Entre le télétravail qui me demandait de passer beaucoup de temps derrière l'écran et le manque de motivation, le confinement ne m'a pas aidé à écrire des articles. Je n'ai pourtant pas à me plaindre car contrairement à mes collègues travailleurs sociaux je n'étais pas sur le terrain (ou très peu). 

J'ai pourtant passé beaucoup de temps à écouter des podcasts ou regarder des séries qui abordaient les questions de féminisme et de genre. 

Je vais donc commencer par vous présenter un épisode des couilles sur la table et de programme B de binge audio qui traite de la question du genre dans le confinement. Pourquoi les hommes d'Etat se sentaient invincibles au début de l'épidémie? Pourquoi faisons-nous uniquement référence aux soignants et non aux soignantes? Et qu'en est-il du travail domestique? Allons-nous vers un meilleur partage des tâches?

Ce sont les questions auxquelles tentent de répondre Thomas Rozec et Victoire Tuaillon en citant de nombreux articles sur le thème. Un article a retenu mon attention, celui sur le travail émotionnel des femmes de Camille Frroidevaux-Metterie dans la revue en ligne AOC. Ce sont généralement les femmes qui portent le poids de la charge émotionnelle dans la sphère privée et publique. Le confinement ne fait qu'exarcerber ce problème car elles sont très majoritairement présentent dans les métiers du care et ce sont généralement elles qui restent en arrêt pour gardes d'enfants: "Les auxiliaires de vie, infirmières et aides-soignantes portent déjà en temps ordinaire la charge du bien-être émotionnel des patient·e·s et de leur entourage. Quand on pardonnera aux médecins de vouloir se protéger en limitant tout investissement personnel dans la vie des malades, on attendra d’elles qu’elles fournissent les gestes et les mots qui réconfortent et qui accompagnent. Il en va d’une exigence de conformité à leur rôle professionnel. Bien évidemment, ce partage n’est pas étanche, les attitudes des unes et des autres pouvant être inverses. Reste que, du fait de leur écrasante majorité dans les métiers du care, ce sont bien les femmes qui assument, de façon invisible, l’essentiel de ce travail émotionnel. " (Camille Froidevaux-Metterie). pour l'autrice, il est nécessaire de déconstruire nos stéréotypes pour changer la donne: "Il faudra donc aussi prendre au sérieux l’épuisement de celles qui auront supporté, en plus de tout le reste, la charge des émotions au sein de leurs familles. Là, c’est une véritable révolution des mentalités qui doit être initiée. Elle passera par un processus de déconstruction des stéréotypes de genre relatifs aux sentiments. L’attention à l’autre et la tendresse ne sont pas des exclusivités féminines, il n’y a pas de honte à exprimer ce que l’on ressent, y compris ce qui fait de nous des êtres vulnérables, lorsque l’on est un homme. Les émotions n’ont pas de genre, elles sont le propre de notre condition humaine. Quand nous nous retrouverons, faisons en sorte de nous débarrasser de ce mythe qui pose que nous n’avons besoin que de mobilité et d’adaptabilité pour restaurer notre sens de la proximité et de l’altérité. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons alors à nouveau nous laisser toucher, dans tous les sens que revêt ce mot."

Bonne écoute et bonne lecture et à très bientôt je l'espère!

Bises masquées. 

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Justyna 06/05/2020 21:08

merci pour cette sélection
c'est cool et surtout intéressant à lire

Caroline 08/05/2020 11:11

Merci à toi pour ton retour !